Jump

Blogue

Pistes de réflexion et conseils liés à la perte d’emploi

Jump ! s’est penché sur la question de la perte d’emploi lié à la covid-19.

Dû à ce bouleversement, plusieurs individus ont malheureusement perdu leur emploi à la suite de coupures, de faillites, de licenciements ou sont en arrêt de travail pour une période indéterminée.

Ainsi, l’on s’est demandé comment cet arrêt de travail forcé affecte les travailleurs et comment cela peut différer d’une personne à l’autre.

Il y a plusieurs éléments de variabilités entre les individus, selon le rôle que l’on se donne sur le plan social et selon notre groupe d’appartenance dans la société. Cette diversité est issue des différentes expériences, ainsi que de différents besoins des gens face à leur travail. Par exemple, un travailleur expérimenté qui planifiait prendre sa retraite rapidement, et qui perd son emploi spontanément, n’aura pas nécessairement les mêmes réflexions et besoins qu’un employé qui débutait dans sa nouvelle carrière.

En effet, il est possible qu’un travailleur plus âgé se pose des questions telles que « est-ce que je prends ma retraite plus tôt que prévu? Ai-je toujours besoin de travailler? » etc. Alors que d’autres pourraient voir la situation comme une nouvelle opportunité, de possibilités de développement, ou encore une opportunité de réorientation de carrière.

Bref, selon les besoins et selon les motivations des gens, il est possible de voir diverses perspectives en lien avec une perte d’emploi.

On peut penser entre autres aux individus en situation précaire qui ont une famille. Ceux-ci pourraient, par exemple, en venir à éprouver des difficultés pour subvenir financièrement aux besoins de leurs enfants, comme le fait de nourrir la famille.  Avec de tels obstacles financiers en tête, ces individus sont potentiellement moins disponibles psychologiquement à chercher un emploi rapidement. À l’opposé, les gens qui auront une situation financière plus aisée seront peut-être moins pressés par la situation, et décideront potentiellement d’attendre pour trouver l’emploi idéal. Leurs besoins les plus prioritaires étant différents dans cette situation.

Pour mieux comprendre ces besoins et leur implication dans le quotidien, on peut se référer à la théorie de la pyramide de Maslow. Cette théorie mentionne que nous avons des besoins de bases sur le plan physiologique, c’est-à-dire de se nourrir, de dormir, respirer, etc. qui se doivent d’être comblés avant de penser à nos besoins de sécurité (avoir un toit sur notre tête, un endroit où dormir par exemple). Et ainsi de suite jusqu’à nos besoins d’accomplissement et d’actualisation qui nous motivent à nous développer et à essayer de nouvelles activités, à changer de carrière ou à aller chercher une nouvelle promotion. Bref, la théorie stipule que pour combler les besoins supérieurs de la pyramide, il faut que nos besoins sous-jacents soient comblés.

Avec cette situation précaire qui peut chambouler nos besoins de bases, il est important d’aller chercher les ressources nécessaires pour se sentir comblé, (par exemple, aller chercher des ressources dans des banques alimentaires) et ainsi avoir la disponibilité pour réfléchir à tête reposée à nos besoins supérieurs, tels que notre avenir sur le plan de l’emploi.

Les travailleurs expérimentés sont possiblement plus affectés par cette situation que d’autres classes de travailleurs. En temps normal, sans pandémie mondiale, on remarque que les travailleurs âgés ont plus de difficultés à se trouver un emploi rapidement, étant surreprésentés dans les statistiques de chômages de longue durée. C’est entre autres dû au fait qu’il y a possiblement de la discrimination et de l’âgisme d’un côté de la part des entreprises qui recrutent, mais aussi dû aux motifs de ces travailleurs qui peuvent se modifier avec le temps. Par exemple, le fait de vouloir passer plus de temps avec sa famille, ses petits-enfants ou prendre du temps pour soi peut être davantage présent qu’auparavant. Il est également possible que ces travailleurs aient des réflexions quant au fait de rester sur le marché du travail, ou de prendre leur retraite un peu plus tôt que prévu. Si le travailleur prend bien le temps pour réfléchir à ses motifs et à se recentrer pour trouver les arguments qui l’incite à rester sur le marché du travail, il sera davantage convaincant face aux recruteurs. Cela peut être un atout dans son processus de recherche d’emploi.

Le fait de prendre le temps de se faire un plan de match sur ce que l’on souhaite faire et sur les émotions que l’on vit dans le moment peut vraiment être un atout, et ce pour tout le monde qui passe par le processus d’une perte d’emploi. Certaines études démontrent que le fait d’écrire nos émotions et de verbaliser le processus que l’on vit permettrait de se retrouver un emploi plus rapidement. Sûrement dû au fait que de prendre le temps de s’arrêter et de mieux nous comprendre permet, entre autres, de nous rendre plus efficaces et plus convaincants.

À l’inverse, nous avons déjà vu des candidats qui n’avaient pas pris le temps de « guérir » de leur perte d’emploi et qui possédaient encore une certaine rancune envers leurs anciens employeurs. Toutefois, le fait de parler en négatif de son emploi précédent ne laisse pas une belle image de soi-même en entrevue. C’est pourquoi il est important de comprendre et relativiser ce sentiment de rancune et de frustration pour passer aux prochaines étapes de sa recherche d’emploi. Une impression plus favorable et juste sera ainsi projetée au recruteur ou gestionnaire.

L’état actuel de la situation cause du stress, beaucoup d’incertitude et d’imprévisibilité, et chacun la vit différemment. Prenez le temps de gérer votre stress à votre façon. Sans réinventer la roue, il est utile de se rappeler que de faire de l’activité physique, de la méditation et de tenter de combler ses besoins physiologiques d’abord permet de prendre soin de soi et d’apaiser son stress. Il existe aussi des ressources externes! N’hésitez pas à aller les chercher, que ce soient des banques alimentaires, un psychologue qui fait des séances spéciales Covid, un conseiller en orientation ou même contacter des recruteurs, tel que nous chez Jump! recruteurs.

Il faut se munir des outils pour votre réussite et votre bien-être en ces temps particuliers.

Une étape à la fois !

Amélie Doucet, Recherchiste et étudiante au Doctorat en psychologie du travail

Joliane Tremblay-Powell, Consultante en recrutement et psychoéducatrice de formation